Voile - Riou, un dernier effort...... |
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Sauf gros retournement de situation, Vincent Riou devrait remporter mardi la troisième édition de la Calais Round Britain Race, épreuve qu’il a déjà gagnée en 2003. Après avoir fait une bonne partie de la course en tête, le skipper de PRB et son équipage ont réussi à faire la différence sur VM Matériaux (Le Cam) et Temenos (Wavre) à l’approche de l’Ecosse, avant de creuser l’écart à l’attaque de la Mer du Nord. Restait à bien négocier l’arrivée sur Calais et à garder un œil sur les prétendants au podium, parmi lesquels Delta Dore (Beyou), bien revenu dans le coup.
Quatre ans après avoir signé sa première grande victoire à la barre d’un Open 60, en l’occurrence son ancien PRB (aujourd’hui Roxy, skippé par Samantha Davies), sur la Calais Round Britain Race 2003, victoire annonciatrice d’un éclatant succès moins de deux ans plus tard sur le Vendée Globe, Vincent Riou est donc en passe de remettre ça sur ce tour des îles britanniques sur son nouveau PRB. Comme quoi, cette course en équipage est un peu sa chasse gardée, puisque si tout se passe bien d’ici mardi à la mi-journée, date de son arrivée probable à Calais, il y signera un 100% de réussite, lui qui était absent de la deuxième édition en 2005.
Surtout, une victoire mardi lui permettrait à la fois d’oublier la dernière Route du Rhum, première course de son nouveau plan Farr (mis à l’eau début septembre 2006), au cours de laquelle il démâta prématurément, et d’afficher ses prétentions à un an et demi du Vendée Globe 2008-09, vers lequel tous les skippers de la planète Imoca (le classe des monocoques de 60 pieds) sont aujourd’hui tournés. Car sur un parcours de 1815 milles ne laissant guère la place aux grandes options tactiques en raison de son caractère côtier, cette Calais Round Britain Race était l’occasion de comparer le potentiel de certaines forces en présence avec au départ quatre bateaux de nouvelle génération (dans l’ordre chronologique de leur mise à l’eau Temenos, Delta Dore, PRB et le tout jeune Generali) et deux de la précédente (VM Matériaux et Cheminées Poujoulat).
VM Matériaux a rivalisé avec les nouvelles unités
Dans ces conditions, PRB, vainqueur des deux régates d’exhibition à Calais, a montré un potentiel de vitesse assez impressionnant qui lui a permis de faire une légère différence sur VM Matériaux et Temenos entre l’Irlande et l’Ecosse, l’équipage, composé de Vincent Riou, Sébastien Josse, Hugues Destremau, Jean Marc Failler et Eric Carret, négociant ensuite parfaitement le virage des Shetland pour attaquer la descente de la Mer du Nord vers Calais avec un petit mais précieux matelas d’une quarantaine de milles. Joint lundi à environ 24 heures de l’arrivée, le skipper ne cachait d’ailleurs pas sa satisfaction devant le potentiel de son PRB: "Je suis content du bateau et de l’équipage, l’ensemble est redoutable. Il nous manque un peu à manger sur la fin car nous avons un bon coup de fourchette mais ça va, on ne meurt pas de faim. Nous allons rencontrer une petite molle dans le Pas-de-Calais mais rien de très méchant."
Bref, même s’il attendait le passage de la ligne pour crier victoire, le vainqueur du dernier Vendée Globe semblait assez sûr de son coup et d’ailleurs, derrière lui, on ne se faisait plus guère d’illusions sur les chances de priver PRB de la victoire, à l’image de Jean Le Cam, qui vit là un scénario assez semblable à celui du dernier Vendée Globe: "PRB s´est échappé et pour nous, ça semble râpé pour la victoire. La situation n´est déjà pas facile avec Delta Dore et Temenos. Mais le bilan de la course est positif: le bateau va bien alors que notre chantier d´hiver s'était plutôt focalisé sur d´autres allures que le petit temps." Effectivement, le «Roi Jean» a de quoi être satisfait, son VM Matériaux, mis à l’eau en avril 2004, a largement rivalisé sur cette Calais Round Britain Race avec les nouvelles unités, preuve que le chantier d’hiver, classé top-secret, a porté ses fruits.
Eliès: "On n´a pas été toujours clairvoyant sur les trajectoires"
Reste à concrétiser tout cela par un podium, ce qui n’est pas joué, puisque lundi après-midi, le plan Lombard était sous la menace de Temenos et surtout de Delta Dore, magnifiquement revenu dans la course, après avoir compté 180 milles de retard au bout d'une journée de mer à cause de quelques trous d’air rencontrés en Manche. Jérémie Beyou, aux côtés de Vincent Riou en 2003, espérait bien ravir la deuxième place lors du sprint final vers Calais: "D'ici à l'arrivée, le vent ne sera pas très fort, il s'agira de choisir les bons moments pour effectuer nos empannages et de régater avec VM Matériaux et Temenos."
De la régate, il y en aura d’ailleurs à tous les étages de la course jusqu’à Calais, puisque derrière, la lutte pour les places d’honneur fait rage avec notamment un Yann Eliès, décidé à effacer un début de course raté à la barre se son Generali. "On va avoir plus de vent que Maisonneuve que nous devrions passer, et peut-être même Roxy, analysait lundi le skipper briochin, huitième au classement de 16h. Une nouvelle pétole (zone de molle, ndlr) pour ce soir est annoncée à la côte et nous devrions pouvoir la contourner. Le portant, ça fait du bien et le bateau va vite. On est rassuré sur son potentiel dans le petit temps, car on n´a pas été toujours clairvoyant sur les trajectoires." La clairvoyance, c’est justement un des points forts de Vincent Riou, qui en avait fait preuve lors du dernier Vendée Globe, il s’apprête à le prouver une fois de plus sur cette troisième Calais Round Britain Race…
De Sports.fr